#1: Pourquoi j’ai quitté Facebook (23 janvier 2025)
La décision n’est pas évidente à prendre, lorsqu’un réseau social aussi ancien et efficace que Facebook permet de rester en contact avec mon pays d’origine, ma famille, mes amis, mes anciens collègues et autres connaissances. Mais à bien y réfléchir, j’estime que je n’ai pas vraiment le choix si je veux agir en conformité avec mes valeurs.
Il y a deux ans, je quittais Twitter, alors récemment rebaptisé X après l’arrivée de Musk. Ce réseau était déjà devenu infréquentable, les algorithmes boostant trop de comptes fictifs, extrémistes ou complotistes, même avec la précaution prise de ne suivre que des sources fiables. Je m’en suis très bien passé depuis. C’est la même démarche qui guide aujourd’hui ma décision de partir de Facebook et de Messenger. Le rapprochement de Zuckerberg avec l’administration Trump et sa décision de supprimer tout système de vérification de contenu sont plus que problématiques: c’est dangereux pour la démocratie. En tant qu’ancien journaliste, en tant qu’historien et éducateur, il m’est impossible de cautionner.
Certes, il faut continuer à travailler pour le bien commun et même résister, par d’autres canaux. J’utiliserai ce blog pour exprimer mes opinions ou faire part de mes analyses. J’ai rejoint le réseau social Blue Sky également. Enfin, je reste pour l’instant sur Instagram et je n’ai pas l’intention de quitter LinkedIn. Pour me contacter directement, mes proches disposent de mon téléphone et de mon email personnel. Pour les autres, vous pouvez me contacter via ce site internet, sous la rubrique “About”, puis “Contact”. Merci!

Législatives 2024 : « Nous, historiennes et historiens, ne nous résignons pas à une nouvelle défaite, celle des valeurs qui, depuis 1789, fondent le pacte politique français »
Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus d’un millier d’universitaires et de chercheurs d’horizons politiques différents, dont Patrick Boucheron, Antoine Lilti, Pierre Nora, Mona Ozouf et Michelle Perrot, appelle la France à ne pas tourner le dos à son passé et à faire battre le Rassemblement national au second tour. Je suis honoré d’avoir ajouté ma signature. La liste des signataires est ici.
ENGLISH TRANSLATION IN “THE GUARDIAN” HERE.
Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, l’extrême droite est aux portes du pouvoir en France. Historiennes et historiens, venant d’horizons politiques différents, attachés aux valeurs démocratiques et à l’Etat de droit, nous ne pouvons garder le silence face à cette perspective effrayante à laquelle nous pouvons encore résister.
Malgré le changement de façade, le Rassemblement national [RN] reste bien l’héritier du Front national, fondé en 1972 par des nostalgiques de Vichy et de l’Algérie française. Il en a repris le programme, les obsessions et le personnel. Il s’inscrit ainsi dans l’histoire de l’extrême droite française, façonnée par le nationalisme xénophobe et raciste, par l’antisémitisme, la violence et le mépris à l’égard de la démocratie parlementaire.
Ne soyons pas dupes des prudences rhétoriques et tactiques grâce auxquelles le RN prépare sa prise du pouvoir. Ce parti ne représente pas la droite conservatrice ou nationale, mais la plus grande des menaces pour la République et la démocratie.
La « préférence nationale », rebaptisée « priorité nationale », reste le cœur idéologique de son projet. Elle est contraire aux valeurs républicaines d’égalité et de fraternité et sa mise en œuvre obligerait à modifier notre Constitution. Si le RN l’emporte et applique le programme qu’il annonce, la suppression du droit du sol introduira une rupture profonde dans notre conception républicaine de la nationalité puisque des personnes nées en France, qui y vivent depuis toujours, ne seront pas Françaises, et leurs enfants ne le seront pas davantage.
De même, l’exclusion des binationaux de certaines fonctions publiques aboutira à une discrimination intolérable entre plusieurs catégories de Français. Notre communauté nationale ne sera plus fondée sur l’adhésion politique à un destin commun, sur le « plébiscite de tous les jours » qu’évoquait Ernest Renan, mais sur une conception ethnique de la France.
Au-delà, le programme du RN comporte une surenchère de mesures sécuritaires et liberticides. Inutile de recourir à un passé lointain pour prendre conscience de la menace. Partout, lorsque l’extrême droite arrive au pouvoir par les urnes, elle s’empresse de mettre au pas la justice, les médias, l’éducation et la recherche. Les gouvernements que Marine Le Pen et Jordan Bardella admirent ouvertement, comme celui de Viktor Orban en Hongrie, nous donnent une idée de leur projet : un populisme autoritaire, où les contre-pouvoirs sont affaiblis, les oppositions muselées, et la liberté de la presse restreinte.
Il n’existe pas de démocratie sans un espace public libre et dynamique, sans une information de qualité, indépendante du pouvoir politique comme des puissances financières. La privatisation de l’audiovisuel public, qui figure dans le programme du RN, aboutirait à détruire un pan essentiel de notre vie publique. Imagine-t-on Vincent Bolloré, soutien objectif de l’extrême droite, absorber demain France Culture, France Inter et France 2 dans son empire médiatique, comme il l’a fait avec Le Journal du dimanche, Europe 1 ou Hachette, avec les conséquences que l’on connaît ?
Attachés à la pratique scientifique de l’histoire, nous ne pouvons qu’être profondément inquiets devant les instrumentalisations du passé qui se profilent et les attaques à venir contre la liberté de la recherche. Le programme éducatif du RN, entièrement tourné vers le retour à une histoire nationale, et même nationaliste, nostalgique et édifiante, est aux antipodes des exigences de la recherche historique, fondée sur la méthode critique, l’esprit de nuance et la coopération internationale.
Enfin, le RN n’a jamais caché sa fascination à l’égard de Vladimir Poutine allant jusqu’à s’afficher ostensiblement à ses côtés, au Kremlin, en 2017. Au moment même où le président russe présente un danger mortel pour l’Europe et ne cesse d’affirmer son hostilité virulente aux sociétés démocratiques occidentales, pouvons-nous permettre l’arrivée au pouvoir d’un parti qu’il a financé et adoubé ? Comment peut-on envisager d’affaiblir ainsi l’Europe au moment où celle-ci a tant besoin, au contraire, d’affirmer son unité et sa détermination ?
La France ne doit pas tourner le dos à son histoire. Jusqu’à ce jour, l’extrême droite n’est arrivée au pouvoir que dans la tourmente d’une défaite militaire et d’une occupation étrangère, en 1940. Nous ne nous résignons pas à une nouvelle défaite, celle des valeurs qui, depuis 1789, fondent le pacte politique français et la solidarité nationale.
Cette élection n’est pas une élection ordinaire. Il s’agit de défendre la démocratie et la République contre leurs ennemis, d’être au rendez-vous de notre histoire. Au premier tour, nous n’avons pas voté pour les mêmes candidats, ni pour les mêmes partis. Dimanche prochain, nous appelons à voter dans chaque circonscription pour battre le candidat ou la candidate du RN.

When Reagan met Gorbachev — a history lesson for Putin
By Guillaume Serina and Stewart Mackinnon. May 25th, 2022.
At a speech to the American Bar Foundation in 1962, President John Kennedy’s secretary of defense Robert McNamara unveiled a term Mutually Assured Destruction to incapacitate the Soviet Union in the event of a nuclear attack.
Using a retaliatory strike, it would destroy one-third of the Soviet population and one-half of its industrial complex rendering the superpower powerless. McNamara noted this approach was “the cornerstone of our strategic policy” and “the very essence of the whole deterrence concept.”
However, he later recanted noting, “neither the Soviet Union nor the United States can now attack the other, even by complete surprise, without suffering massive damage in retaliation. “It would be virtually impossible.”
Years later Ronald Reagan when touring NORAD (North American Aerospace Defense Command) and discussing America’s nuclear strategy would ask the most basic of questions — “what is Plan B?” to which he was provided the simplest of answers — “there is none.”
The conversation set in motion a personal commitment for president Reagan to avoid at all costs nuclear war by ridding the world of long-range missiles.
Ironically, Reagan who wanted to eliminate a war-to-end-all-wars, had famously called the Soviet Union an evil empire, one that would “be left on the ash heap of history.” This hardly struck the tone for amicable discussions around non-proliferation.
As a result, the Reagan Administration was met with a combination of fear, distrust and concern by the Soviets making the notion of a ‘tour de table’ between the two superpowers a near impossibility.
Reagan had adopted a “trust but verify” attitude concerning the Soviets, but the ice began to thaw with the nomination of a relative outsider from Russia to lead the Soviet Union — Mikhail Gorbachev.
Like Reagan, who he diametrically opposed politically and philosophically, (but claimed to enjoy Reagan’s westerns) he saw the need to relieve the world of the nuclear sword of Damocles that swayed above its head.
The two men would go on to meet at three summits famously beginning on the frozen outpost of Reykjavik. And while they did not rid the world of nuclear weapons they set in motion an ongoing commitment of future presidents from Bush to Clinton to Obama, to fulfill their dream.
Sadly, the spectre of nuclear annihilation faded in the minds of the ‘Average Joe’ citizen over time — as Baby Boomers aged and Generation Z focused on the challenges of a newly connected world.
But thousands of missiles remain locked and loaded, making the term megadeath a viable possibility. Surely no sane leader would ever consider pressing the button, right?
Lessons for Ukraine
Fast forward to the current crisis unfolding in Ukraine. What Putin predicted to be a quick victory, has now dragged on for months, with significant losses on both sides.
Sabre-rattling by leaders in Russia and the West continue and all the sudden the dormant possibility of nuclear war has been awoken from its slumber. So, what to do?
We will leave the military and foreign policy experts to propose how to tamp down emotions and put forth a strategy for ending the crisis.
But, as two people that have studied the Reagan-Gorbachev negotiations, we can offer insights into what drove those discussions.
First, the two viewed the issue through both the rational and emotional lens. They remembered and saw the horrific impact of nuclear fallout from Hiroshima and Nagasaki, and from the accident at Chernobyl. The effects were horrific and neither wanted to see them repeated.
Second, rational thinking had to trump ideology and personal aggrandisement. Mutual Assured Destruction was what the term implied — doomsday — and no issues would be resolved by simply annihilating one another.
Third, they showed that even if leaders dislike one another, as they often do, it is important to follow a framework as was done in Reykjavik.
Prep talks at lower levels, presence of informed and professional teams to iron out details and deals when the leaders are exhausted, and sleeping was critical. All the START negotiations gave the world that sort of template for high-stakes negotiations and that is needed now.
Finally, they shared a willingness to engage and despite their opposing and deeply-held beliefs established a trusted relationship. While both strong-willed and opinionated, they agreed to put their differences aside and focus on the people in their respective nations and beyond as all would be impacted by a nuclear war.
Unfortunately, the negotiations were the beginning of the end politically for Gorbachev, eventually stepping down from his post as president as the Soviet Union began its collapse. Reagan would finish out his term under the cloud of the Iran-Contra scandal and eventually be overcome by the ravages of Alzheimer’s.
Neither man achieved their goal.
Despite that fact there are lessons that current leaders — particularly Vladimir Putin — could adopt from these two iconic leaders.
As in the end, it all begins with trust and respectful dialogue. Without this all we can do is wait and watch in trepidation holding our breath that before mutually assured destruction ends all this speculation around nuclear war, that the penny drops, or is it the rouble, and that discretion is seen to be the better part of valour.
Guillaume Serina is author of An Impossible Dream. Reagan, Gorbachev and the World Without the Bomb.
Stewart Mackinnon is CEO of Circle Pictures, creator and executive producer of Man in the High Castle, Amazon’s most watched television series and executive producer of Tear Down This Wall – a drama about the 1986 summit at Reykjavik.